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ExClusif : L'interview des
Castors !
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Biographies
Touanou Castor
Le futur Touanou Castor naît à
Trappes
au début des années 80 (personne ne
connaît la date exacte), d’un père
marginal et d’une mère chômeuse.
Elevé dans la zone de non-droit du ghetto le plus
déshérité de la jungle urbaine, le
jeune Touanou y apprend dès son plus jeune age la dure loi
de la vie : très vite, il tourne mal. Des 4 ans,
c’est la spirale de la violence qui s’enclenche :
vendant de la drogue pour s’acheter à boire,
volant des scooters pour se payer sa came, dealant des armes pour
s’acheter des mobylettes, trafiquant un alcool
frelaté à base d’alcool à
brûler et de fruits volés pour s’acheter
des caraboules, Touanou partage son temps entre le bistrot et la prison
(« l’école »,
prétend il pour justifier de son emploi du temps quand il se
fait serrer par les flics. L’école, la vraie,
Touanou ne s’y rendra jamais que pour « affaires
». Encore aujourd’hui Touanou Castor sait
à peine lire et écrire, et en est toujours
réduit à appeler son imprésario quand
il s’agit de savoir combien il va falloir acheter de
bières pour un trajet de sept heures, à raison de
8 bières par heure.).
A12 ans, la boucle est bouclée : vivant de rapines et de
trafics en tous genres, celui que l’on connaît
alors sous le nom de Da Touan’z, passe le plus clair de ses
loisirs la hache à la main, à patrouiller son
territoire à bord de sa décapotable noire ou en
compagnie de son chien d’attaque. Rebelle marginal
rejeté par la société, Touanou semble
bien n’avoir de choix d’avenir à faire
qu’entre l’overdose ou la potence…
Kastor Vinz
C’est tout naturellement à
Versailles,
dans la meilleure clinique de la ville que naît Vincent Marie
Gonzague Léopold Pietri, d’Elisabeth ,
née De Lobel, artiste, et de Don Pierre Baptiste Roch
Belzébuth Pietri, riche propriétaire foncier et
grand collectionneur de voitures anciennes. C’est tout aussi
logiquement que ses parents le font entrer dès son plus
jeune age au Cours des Saint-Pères du Cœur Ardent
de l’Enfant Jésus (ou « école
des Coudray »), à l’Académie
Militaire Louis-Philippe du Saint Sacrement (qu’il surnommera
toujours « CES Louis Pergaud ») puis chez les
Jésuites de l’Institution Saint Ignace de
l’Annonciation de l’Agneau Divin («
Lycée des 7 mares », en argot de la haute
société). Véritable enfant
modèle, Vincent Louis Armand y effectue de brillantes
études et fait dès son plus jeune age la
fierté de sa famille et l’admiration de tous ses
précepteurs. Coté loisirs, le jeune Vincent
Enguérand Baudoin se distrait à la lecture du
Petit Figaro et ne raterait sous aucun prétexte la messe,
qu’il sert en la cathédrale du Chesnay en
qualité d’enfant de chœur, pas plus
qu’il ne manquerait le goûter hebdomadaire des
Petits Rotariens. Ajoutons qu’il gravit tous les
échelons de la hiérarchie scoute depuis Louveton
jusqu’à Grand Loup-Garou Mugissant avec Palme et
Cordon, qu’il pratique avec un égal bonheur la
voile, le polo et la chasse à courre, et qu’il
devient dès 7 ans champion interdépartemental de
crapette versaillaise. Promis aux plus hautes destinées,
mais non moins emprisonné dans le carcan doré de
sa condition, le futur Kastor Vinz a lui aussi son avenir tout
tracé : Polytechnique, l’ENA, Questions pour un
Champion…
Les
castors mutants et la musique
Touanou Castor
Le seul « instrument » dont joue
Touanou
pendant de longues années est sa fidèle batte de
base-ball, et la seule musique qu’il entend est le bruit que
font en claquant, grinçant, tombant sur la
chaussée ou entrant en contact avec la susdite batte les
dents des bourgeois qu’il dépouille au fond de son
ghetto. C’est au cours d’un de ses innombrables
séjours en prison qu’il découvre enfin
le new urban trash gangsta rap, qu’il écoute
ensuite partout ou il va sur son ghetto blaster. Dès sa
sortie, il rebaptise son gang « Ghetto Gangsta Niggaz of Da
Hood », transforme sa hache en banjo électrique et
écume la scène musicale underground aux
cotés de Guillaume « crane de fer»
Thomas, Pierre « tête pleine d’eau
» Beauvillain et quelques autres repris de justice. Suite aux
nombreuses disputes que provoqueront les désaccords musicaux
et le partage du butin, le groupe changera fréquemment de
nom, avant que le tribunal correctionnel de Nanterre ne finisse par
imposer celui « d’association de malfaiteurs
» et que le tout ne se termine une fois de plus en prison
Kastor Vinz
Inscrit au Conservatoire à l’age de
deux
ans, Vincent y collectionne les prix de clarinette et de biniou
versaillais. Il affectionne alors particulièrement les
Sonates de Brahms et les Lieder de Kostakovitch, sans pour autant
dédaigner quelques artistes « dans le vent
», comme Berlioz et Francis Poulenc. Il est par ailleurs
organiste en la paroisse de Saint-Basile de la Passion de la
Mère de Dieu, et membre de la Chorale
Grégorienne des Scouts d‘Europe .
L'Histoire
des Castors Mutants
La rencontre
C’est au cours d’une visite de
charité de l’Ordre des Freres de la Repentance au
bagne de Troncy que se rencontrent Kastor Vinz et Touanou Castor. Ils
décident alors de fonder un groupe de rock et choisissent
comme choriste le fameux El Djahoui, le pape du House Funk qui mixe
alors aux Bains.
Les années de
galère
Très vite, tout va mal pour les Castors
Mutants,
qui répètent alors au milieu des rats, des
junkies et des vapeurs d’essence dans la cave d’un
atelier de maquillage de motos volées dans un squat de
banlieue. Les répétitions se terminent en
général par des descentes de police, des bagarres
à coups de barre de fer, ou les deux à la fois.
Kastor Vinz, qui faisait jusqu’alors rêver tous les
petits porteurs de Paris à Wall Street (on s’en
souvient encore avec émotion, dans les milieux
autorisés, comme le « Sergueï Bubka du
CAC40 ») doit choisir entre la brillante carrière
de golden boy qui s’offre à lui, ou son avenir de
rock-star droguée. Son choix est vite fait, et,
après avoir annoncé la nouvelle à ses
parents, qui le déshéritent aussitôt,
il vend son portefeuille de stock options pour investir dans
l’achat d’une table de mixage et d’un
caisson de basse, qui brûlent deux jours plus tard dans
l’incendie du studio de répétition.
Kastor Vinz fait alors une dépression nerveuse et commence
à boire de l'alcool de brique pour oublier.
Pour Touanou Castor, ce n’est guère mieux. A la
recherche de nouvelles sonorités, il se blesse gravement
après avoir tenté de brancher une
défonceuse à bois sur un cornet à
piston électrique après avoir fumé un
rail de LSD. Deux jours plus tard, sa mère le
dénonce à la police pour toucher la prime et
s’acheter des plants de cannabis.
Artistiquement, cette période regroupe certains des
meilleurs morceaux du groupe, comme « Il est fort le marocco
» dont la plupart ont malheureusement
été perdus.
Le passage à vide
Bientôt, rien ne va plus chez les Castors.
Pendant
qu’ils partent en tournée dans les tripots de la
banlieue de Malakoff, leur manager revend leurs maquettes et leurs
jeans troués à un groupe inconnu
jusqu’alors : Nirvana. Après un succès
éphémère, rongé par le
remords, le leader de ce petit groupe de province se suicidera quelques
années plus tard dans l'indifférence
générale. "C'est bien fait", déclarent
les Castors. C'est alors que Castor Djahoui, après un deal
qui tourne mal avec le Gang des Polonais, est jeté en prison
à la suite d'un règlement de compte avec
"Stanistlas le Soudeur de l'Est" et "Tadek le Bancal". Pour les
Castors, c'est la traversée du désert qui
commence.
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